D’année en année, le défilé hebdomadaire réunit un nombre de plus en plus réduit de mères de disparus, en raison de leur âge avancé.
Cette semaine pourtant, le défilé a mobilisé de nombreuses organisations de porteños, les habitants de Buenos Aires, en raison d’une actualité bien particulière. Il y a une dizaine de jours, un vieil homme argentin d’origine albanaise a brusquement disparu. Jorge Julio Lopez a, très récemment, été témoin-clé dans le procès d’un tortionnaire de l’époque de la dictature, jugé coupable de crimes, de torture et de séquestration. La disparition de Jorge Julio Lopez résonne ici de manière particulière tant elle rappelle de mauvais souvenirs. Le gouverneur de la province de Buenos Aires a déclaré qu’il pourrait bien être le “premier disparu de la démocratie”.
On peut craindre pour la vie de cet homme, mais aussi pour les futurs procès de dignitaires et de responsables du régime dictatorial : la disparition de Jorge Julio Lopez ressemble à un avertissement adressé à d’autres survivants et victimes de la dictature pour les dissuader de témoigner.