« Pauvre Mexique, si loin de Dieu, si près des Etats-Unis », dicton mexicain
« On ne va pas laisser les bras croisés sans rien faire pendant qu’un pays tombe dans le communisme à cause de l’irresponsabilité de son peuple » - Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain, à propos du Chili de Salvador Allende.
Mettons tout de suite les choses au clair : il ne fait aucun doute que si notre voyage nous avait amené à traverser le continent africain et non l’Amérique latine, le constat critique que nous porterions concernerait la France et non les Etats-Unis, car ce que nous décrivons ici n’est que l’emprise d’un empire sur ses colonies…
Que s’est-il passé pour que l’Espagne et le Portugal, les deux grandes puissances coloniales qui gouvernaient la destinée de ces pays d’Amérique latine aient perdu à ce point leur influence au profit des seuls Etats-Unis d’Amérique ? Nous n’avons toujours pas compris le processus exact, mais force est de constater que la « doctrine » du président américain Monroe a été appliquée avec succès. Monroe disait que l’Amérique latine faisait partie de l’arrière-cour des Etats-Unis et qu’à ce titre il fallait empêcher à tout prix l’influence européenne sur la région.
Le cas du Mexique est encore plus emblématique de la relation nord-sud sur ce continent. Au moment même où le gouvernement républicain décide de construire un mur sur plusieurs milliers de kilomètres entre les Etats-Unis et leur voisin du Sud, rien n’empêche les capitaux américains de prendre une place croissante dans le pays. Cette question du mur a même réussi, et c’est un tour de force, a faire l’unanimité parmi les pays latino-américains. Tous ont condamné cette initiative qui semble une protection ultime, un dernier rempart censé protéger les richesses du Nord de l’afflux de la pauvreté du Sud – et si cette histoire vous rappelle quelque chose en Europe, tant mieux…