Depuis l’île de Java, Bali n’est qu’à une petite demi-heure de ferry. Nous débarquons sous la pluie battante dans cette île que l’on dit joyeuse. Pourtant, ce n’est pas tout à fait notre première impression quand nous arrivons à Denpasar, la “capitale” de l’île, bruyante et terne. Les visiteurs la délaissent d’ailleurs rapidement pour se rendre sur les plages du sud. De notre côté, nous passons le nouvel an sur la côte est, dans le petit village de pêcheurs de Padangbai. Ici, comme ailleurs sur l’île, les touristes se font rares, même en cette haute saison. Et c’est parce qu’ils sont rarement occupés au maximum de leur capacité que les hôtels cassent les prix. Au profit des visiteurs chanceux que nous sommes ! Les ministères des affaires étrangères de France et de Grande-Bretagne recommandent à leurs ressortissants d’éviter Bali pour ces fêtes de fin d’année, risque terroriste oblige. Premières victimes de cette désaffection touristique, les Balinais conservent malgré tout leurs sourires légendaires.
A Ubud, dans les terres, nous assistons à un spectacle de danse et de musique traditionnelles balinaises. Nous vous épargnons les détails de l’intrigue que nous avons d’ailleurs eu du mal à saisir. Les danseuses et les danseurs sont superbes, les rythmes de l’orchestre de gamelan un peu répétitifs mais impressionnants tout de même ! Même si ce type de spectacle est un peu trop lointain de nos propres références culturelles pour pouvoir l’apprécier complètement, il faut avouer que les balinais sont très forts pour la mise en scène, la chorégraphie et la musique qui les accompagne.
Le lendemain, nous partons à vélo explorer les environs d’Ubud. Les routes grimpent, mais l’effort est récompensé par la beauté des paysages, ainsi que l'atmosphère paisible que nous trouvons dans les villages, et les rizières en étage qui les entourent. Les villageois, hommes et femmes, enfants et vieillards, sur le bord de la route, nous saluent et nous gratifient d’un large sourire. Lorsque nous nous nous arrêtons pour déjeuner dans un stand posé sur la place d’un village, un vieil homme s’approche pour nous saluer et nous serrer la main en nous disant quelques mots en indonésien. Nous ne comprenons rien mais sourions bien volontiers.
Les balinais sont très attachés à leurs traditions, ainsi qu’à la pratique de leur religion. Partout sur l’île, on peut apercevoir les temples hindous et les offrandes qu’ils déposent devant leurs maisons (quelques grains de riz, des fleurs, de l’encens, l’ensemble posé sur des feuilles de bananier). Notre ballade dans la campagne nous permet d’assister aux préparatifs d’un combat de coqs, mais nous nous voyons refuser l’accès aux cérémonies traditionnelles - on ne s’habille pas de la même manière pour une ballade à vélo et pour s’incliner devant les multiples divinités d’un temple hindou, cela se comprend bien.
Les femmes portent des vêtements très colorés, un sarong entoure leurs jambes tandis qu’elles portent en haut des bustiers et des tissus vaporeux qui les mettent en valeur. Sur le bord des routes, on voit également les artisans travaillant dans les ateliers de sculpture sur bois. Ils préparent, à la chaîne, ces objets d’art vendus dans les boutiques de la ville d’Ubud et des alentours.