J+153 ... Riviera maya
 
Le gouvernement des Etats Unis d’Amérique a jugé nécessaire de dresser un mur sur la frontière sud du pays, un mur censé endiguer l’immigration illégale des mexicains. En revanche, il n’est prévu aucun dispositif de ce genre pour endiguer le flot de citoyens des Etats Unis sur la côte mexicaine des Caraïbes. Et on le regretterait presque...
 
La “riviera maya”, la côte mexicaine sur la mer des Caraïbes, a été vendue, voire bradée au tourisme par les autorités mexicaines, trop contentes de voir arriver les dollars. Depuis une trentaine d’années, de gigantesques complexes touristiques se sont construits sur le rivage, privatisant par la même occasion les accès vers cette mer de rêve, chaude, aux plages de sable blanc, bordées de cocotiers. On peut ainsi parcourir des kilomètres le long de la côte sans jamais apercevoir la mer. A la mesure du pays le plus puissant du monde, les infrastructures touristiques sont démesurées. On le devine à la vue des imposants portiques d’entrée des hôtels, le long de la route, ou en apercevant au loin les gigantesques immeubles ou faux temples mayas reconstitués.
 
Au cours de notre virée à travers la péninsule du Yucatan (Palenque, Chichen Itza), nous n’avons pas toujours rencontré ce type de tourisme, peut être aussi en raison de la saison qui n’a pas encore débuté. C’est surtout sur la côte Caraïbe que nous y avons été confrontés. Le site maya de Tulum (mais si, vous savez bien, les affiches des promos Nouvelles Frontières à Noël!) est le plus accessible à partir de Cancun, la Mecque des touristes américains. C’est ici que nous avons pris la mesure de la quantité d’Américains venus, avant tout, prendre le soleil au Mexique, consacrant une petite demi journée à la visite d’un site maya, souvent au pas de course et de préférence à l’ombre. Comme nous expliquait notre guide en plaisantant: “Au Mexique, les européens viennent pour la culture, les Aztèques, les Toltèques, les Olmèques. Les américains, eux, s’intéressent surtout aux biftecks, aux pastèques et aux discothèques!”. Sur les sites archéologiques, on trouve des magasins de souvenirs, d’artisanat, des restaurants. Tout est fait pour accueillir les touristes, non seulement à l’extérieur du site, mais aussi à l’intérieur. Ainsi, au détour d’un temple dédié au Dieu maya de la pluie, on tombe sur un autre type de temple, dédié, lui, au Dieu Coca Cola.
 
Cette partie du Mexique est tellement orientée vers le tourisme qu’on en oublierait presque dans quel pays l’on est. Les prix sont affichés en dollars, et les mexicains nous parlent naturellement en anglais, nous qui baignons dans l’espagnol depuis 5 mois... Nous y avons même rencontré des serveurs ne parlant pas espagnol!
 
Tulum, Mexique
Mer des Caraïbes, un bout de plage encore accessible, au lever du soleil
La mer des Caraïbes
Les groupes de touristes à l’assaut des sites maya