Premier contact avec “la” route, la Panaméricaine à l’occasion de notre descente de Quito vers Latacunga.
La Panaméricaine, c’est l’une des plus longues routes au monde. Elle traverse le continent américain depuis l’Alaska au nord jusqu’à la Terre de Feu, tout au sud de l’Amérique Latine... Quelques milliers de kilomètres qui relient l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale et les pays où nous nous trouvons.
Nous allons suivre la Panaméricaine pendant environ ... 5500 km, de Quito en Equateur jusqu’à Puerto Natales au sud du Chili en Patagonie. 5500 km ... nous en avons déjà fait 83 en arrivant à Latacunga - c’est un bon début.
Cette route mythique ressemble à une autoroute du tiers monde : on y paie parfois un péage sur certains tronçons, mais les bus s’arrêtent au bord de la route pour y prendre des passagers ...
La Panaméricaine c’est aussi le ”trajet” obligé pour les manifestations dans plusieurs pays d’Amérique latine dont l’Equateur. Alors qu’à Paris, on défile de République jusqu’à Bastille par exemple, ici, on bloque la route Panaméricaine pour manifester son mécontentement et son envie de changement.
Envie de changement justement, avec ces inscriptions sur les murs “Oxy no, TLC no” ou “Tiempo Lacrima de los Campesinas”. Nous ne les comprenions pas jusqu’à ce que le hasard nous conduise dans le bar - librairie, visiblement politisé altermondialiste de Latacunga. Nous avons pu discuter avec le patron, équatorien, et une jeune américaine qui réalise sa thèse en Equateur sur le thème du mouvement social indigène. L’occasion de se renseigner un peu sur la politique locale et sur ces inscriptions mystérieuses. En voici un court résumé : en octobre prochain, les équatoriens sont invités à élire leur Président. Parmi les questions importantes, figure la position de l’Equateur vis-à- vis des Etats-Unis “entre la Colombie et le Vénézuela”, nous ont expliqués nos interlocuteurs. Il ne s’agit pas là de géographie mais plutôt de géopolitique puisque la Colombie, et son président Urribe, est réputée pour sa très forte proximité avec les Etats-Unis alors qu’au Vénézuela du président Chavez, c’est l’inverse ...
“Oxy no, TLC no” : Oxy est le nom de la compagnie pétrolière, à capitaux américains, qui exploite une grande partie du pétrole équatorien, en Amazonie. Oxy reverse environ 15 à 20 % de ses revenus au gouvernement équatorien, le reste repartant vers les Etats-Unis. Le gouvernement actuel a donc décidé de rompre le contrat avec Oxy pour négocier une meilleure exploitation des richesses locales. Au même moment, les Etats-Unis et l’Equateur négociaient un traité de libre échange, le TLC... Ce traité est contesté dans les régions rurales, notamment celle du Cotopaxi où nous nous trouvons.
L’élite du pays “les pieds à Quito, le coeur à Miami” dixit nos interlocuteurs, est plutôt favorable à un rapprochement des relations avec les Etats-Unis...
Nous poursuivons notre route vers le Sud. A bientôt.