Nous voilà arrivés au Mexique, le pays le plus au nord de l’Amérique latine, bien que certains journaux affirment que la véritable capitale de cette Amérique hispanophone soit Miami ou Los Angeles! Après un passage éclair à Mexico, nous filons à l’est, dans la région montagneuse et verte du Chiapas. Nous sommes surpris de remarquer les nombreux points communs que cette région partage avec les pays andins du début de notre voyage.
Nous connaissions le Chiapas par quelques images parvenues jusqu’en Europe à travers la moulinette médiatique : les sites mayas, bien entendu, mais aussi les affrontements réguliers entre l’armée nationale et les mouvements révolutionnaires, menés par leur leader encagoulé, le sous-commandant Marcos (qui attend toujours sa promotion pour prendre du galon...).
Le mouvement zapatiste dirigé par Marcos, ainsi dénommé en mémoire de l’un premiers révolutionnaires mexicains Emilio Zapata, lutte depuis plus d’une dizaine d’années pour les droits des indigènes. Il est vrai qu’il y a de quoi s’énerver lorsque l’on connaît la situation de cette région. Le Chiapas fournit près du tiers de la production mexicaine de pétrole, plus de la moitié de l’énergie hydroélectrique... pourtant, de nombreuses zones restent sans électricité et dans l’ensemble, le Chiapas est la région la plus pauvre du pays. Comme en Amérique du Sud, les indigènes occupent ici les positions les moins élevées de la société. Le Mexique ne fait malheureusement pas exception. Sur la route, les enfants montent de faux barrages constitués de fils de fer pour faire ralentir les voitures des touristes et mendier ainsi un peu d’argent. On traverse des villages où les indigènes sont vêtus de manière traditionnelle, les femmes portent de belles robes très colorées. Si ce n’était la chaleur accablante et étouffante (60% d’humidité), on pourrait se croire dans les Andes du Pérou ou de la Bolivie.