J+116 ... Magellan et nous
 
En ce matin du 20 octobre 1520, le portugais Fernand de Magellan, à la tête d’une flotte de 4 navires, passe le cap des Vierges, sur la côte atlantique du nouveau monde et s’engage dans le détroit qui porte aujourd’hui son nom. Magellan est parti plus d’un an auparavant pour remplir la mission que lui a confié le roi d’Espagne : trouver, au sud du continent américain, un passage vers les Indes et l’Asie. A cette époque, les cours européennes font grand usage des épices (poivre, cannelle, noix de muscade) pour conserver et donner de la saveur à la viande. Mais, leurs prix sont considérablement élevés, en raison notamment du grand nombre d’intermédiaires sur la voie terrestre entre les lieux de production - l’Asie et de consommation - l’Europe. La découverte d’une route maritime “vers l’ouest” doit permettre un accès direct aux sources. Magellan naviguera près d’un mois dans le détroit avant d’entrer dans un nouvel océan où aucun européen n’avait alors jamais navigué. Fasciné par le calme de ses eaux, il le baptise “Pacifique”.
Punta  Arenas, Chili
Près de 500 ans plus tard, en ce matin du samedi 7 octobre 2006, notre route croise celle de Magellan lorsque nous atteignons la ville de Punta Arenas, à l'extrême sud du continent américain au Chili, sur le bord du détroit. Une bonne leçon de géographie : à notre droite, l’Océan Pacifique, à notre gauche l’Atlantique. En face, la Terre de Feu. Le Cap Horn est à 350 km de là, l'Antarctique à 1500 km à peine.
 
L’expédition de Magellan tourna assez mal : lui-même va mourir au cours d’un combat aux Philippines. Une quinzaine de marins, parmi la centaine partie d’Espagne, rentreront finalement à Séville, près de 3 ans après leur départ, devenant ainsi les premiers hommes à avoir fait le tour du monde par les deux océans. Aujourd’hui, on trouve les épices sur les marchés et dans les rayons des supermarchés, ces routes maritimes sont parcourues par les pétroliers, les gaziers et les porte-conteneurs.
 
Punta Arenas représente pour nous une étape importante du voyage. Près de 4 mois après notre départ de Quito, en Equateur, après plus de 200 heures de bus, 10 000 km de routes et 39 chambres d’hôtel différentes, nous sommes arrivés au sud du continent... sans le soutien financier du roi d’Espagne!
La route de Magellan et la nôtre
Punta Arenas, bout du monde