J+134 ... Hasta luego Argentina
 
Sur la route entre San Martin de Los Andes et Pucon, nous quittons l’Argentine avec un petit pincement au coeur, en traversant à nouveau les Andes, au pied du volcan Lanin.
 
Auparavant, nous ne manquons pas de déguster, une dernière fois, un copieux asado, un assortiment de viandes grillées, plat typiquement argentin, accompagné d’un bon Malbec, le cépage local. Car l’Argentine restera pour nous, en Amérique du Sud, le pays où nous avons le mieux mangé, et aussi le plus bu! Nous confirmons à ce sujet l’excellente réputation de la viande argentine. Par quel tour de passe- passe les européens réussissent-ils à bloquer les importations de boeuf argentin, tellement plus tendre, et meilleur marché que les viandes que nous mangeons en Europe? Mystère du “libre échange” prôné par l’OMC!
 
Nous garderons également de l’Argentine un souvenir tout particulier de l’amabilité et de la gentillesse de ses habitants. Comme nous résumait à sa façon un restaurateur montpelliérain installé depuis quelques années à Valparaiso, au Chili, à propos des argentins: “c’est des ritals!”. Et l’on ne peut pas nier que leur caractère chaleureux, voire dragueur, nous rappelle leurs origines italiennes. Les argentins s’embrassent beaucoup, le plus souvent par un chaste baiser sur la joue, ou une franche accolade, pour se saluer, se féliciter. A notre arrivée en Argentine, nous avons été surpris de recevoir un bisou (un beso) de la part de personnes avec lesquelles nous n’avions échangé que quelques mots. Les argentins n’hésitent pas non plus à  s’embrasser plus amoureusement, et sans pudeur aucune, dans les lieux publics, les cafés et les restaurants, et à tout âge.
 
L’Argentine, que nous avons sillonné du nord au sud et d’est en ouest présente une impressionnante diversité de paysages. Des déserts rouges du nord, aux plaines jaunes de Patagonie, des glaciers bleus, aux forêts verdoyantes, cet immense pays demande du temps pour être visité entièrement. Mais nous sommes récompensés de nos très (trop?) nombreuses heures de bus par des paysages sublimes.
 
La ville de Buenos Aires occupe une place à part dans le pays. Nous tombons sous le charme de la cité du tango. L’animation des cafés et restaurants en fait une capitale à visage européen. Mais les gamins des rues fouillant toutes les nuits les poubelles du centre de Buenos Aires nous rappellent que la crise économique et financière de 2001-2002 a eu des conséquences sociales désastreuses et que la pauvreté reste très prégnante en Argentine. Y compris à Buenos Aires où nous traversons des bidonvilles à peine sortis du centre.
 
Nous sommes également marqués par le climat politique de ce pays qui, comme son voisin chilien, doit revenir sur des années de dictature, tout en continuant d’avancer. Durant notre passage en Argentine, le pays connaît son probable “premier disparu de la démocratie”. Nous assistons au défilé des “folles de mai”, qui tournent en rond pour rappeler que de nombreuses familles argentines sont toujours sans nouvelles des victimes du régime...
 
Hasta luego Argentina. Nous repartons avec notre maté dans nos bagages, pour que l’Argentine nous accompagne encore un peu sur la route.
 
 
San Martin de Los Andes, Argentine
Anaïs buvant un maté, dans notre appartement à Buenos Aires
Le volcan Lanin, frontière argentino-chilienne
Sur la route 40 entre Cachi et Cafayate (nord)
La péninsule Valdès (centre-est)
Le glacier Perito Moreno (sud)
Buenos Aires, le quartier de la Boca
Défilé devant le palais présidentiel