J+46 ... Au bord du lac Titicaca    
 
Le lac Titicaca, tout le monde connaît. C’est le plus haut lac navigable du monde à près de 3820 mètres d’altitude. Long de 230 km et large de 97 km, c’est une véritable mer intérieure.
 
Le lac fait office de frontière entre le Pérou et la Bolivie. Côté péruvien, nous avons passé quelques jours dans la ville de Puno, point de départ pour les Uros, les îles flottantes, et l’île de Taquilé. Les 2000 habitants de cette dernière ont un mode de vie traditionnel, inspiré des Incas, puisqu’ils fonctionnent en communauté. Les habitants élisent chaque année un chef, mais les richesses, et notamment les revenus liés au tourisme, sont partagées. La communauté respecte un certain nombre de règles anciennes. Par exemple, il n’y a aucune présence policière sur l’île, car aucune délinquance.
 
De Puno à la frontière bolivienne, la route longe le lac et traverse l’Altiplano (la haute plaine). C’est l’une des régions les plus pauvres du Pérou, si ce n’est d’Amérique latine. Des deux côtés du lac, les indiens Aymara survivent depuis plusieurs siècles. Le président bolivien récemment élu, Evo Morales, est l’un d’entre eux.
 
A peine avions-nous franchi la frontière que la Bolivie nous “gratifiait” de l’une de ses spécialités : un barrage routier, en l'occurrence un mouvement étudiant. Impossible de poursuivre avec le bus... Nous avons donc marché avec nos sacs à dos avant de partager un taxi avec d’autres français pour atteindre la ville de Copacabana, côté bolivien.
 
Le lac Titicaca est aussi et surtout un lieu de légendes. Pour les Incas, c’est dans les eaux du lac qu’est né le soleil. Depuis, le lac est un lieu sacré de pèlerinage, et ce malgré l’évangélisation des indigènes après la Conquista. On raconte aussi qu’un trésor se cache au fond du lac depuis la mort du dernier Inca (le roi). La légende raconte que celui-ci avait négocié la vie sauve auprès du conquistador Pissaro en échange d’une très importante quantité d’or - en fait égale au volume de la pièce dans laquelle il était détenu. Les incas ont amassé l’or réclamé par Pissaro mais ont appris l’exécution de leur roi. De rage, voyant que Pissaro n’avait pas tenu sa parole, ils auraient volontairement jeté au fond du lac leur précieuse cargaison. On peut y croire ou non, mais même notre très français Commandant Cousteau avait entrepris des recherches sur une partie du lac. Une chasse au trésor qui s’est avérée infructueuse.
Lac Titicaca, frontière Pérou - Bolivie
Méditerranée ?  Mer Egée ?
Les îles flottantes, Los Uros, fabriquées à l’aide des roseaux (totora) poussant sur le lac.