J+283 ... La vie dans le delta
 
Lorsque l’on est l’un des dix plus grands fleuves du monde, on se doit d’avoir une embouchure à la hauteur de son gigantisme. Celle du Mékong ne nous déçoit pas : elle s’étend sur tout le sud du Vietnam, prenant la forme d’un delta. Sur des centaines de kilomètres, l’eau du fleuve est partout. Les habitants de cette région vivent sur, par et pour le Mékong. A l’occasion du trajet de My Tho jusqu’à la frontière cambodgienne à Chau Doc, nous avons pu apercevoir quelques images de la relation de ces vietnamiens à leur environnement.
My Tho, Delta du Mékong, Vietnam
Les Vietnamiens du delta vivent par le fleuve : outre la pisciculture très présente dans la région, ces terres sont avant tout exploitées pour la culture nationale, le riz. Ici, on produit suffisamment de riz non seulement pour nourrir le pays, mais aussi pour l’exportation.  Un réseau d’irrigation alimente les rizières, et les vergers. Tout au long de la route, on peut voir les fumées noires s’échapper des briqueteries, l’argile du Delta fournit la matière première des briques (comme, parait-il, dans le Delta du Nil en Egypte).
Les Vietnamiens du delta vivent pour le fleuve : le Mékong a engendré une mythologie propre, ainsi durant les mois d’hiver et à l’occasion de la fête du Têt, l’apparition du dragon est signe de chance et de bonne santé. Plus tragiquement, les inondations qui frappent chaque année cette région rendent la vie difficile pour les habitants du delta, condamnés à terme par la montée du niveau de la mer, réchauffement climatique oblige.
Le Delta du Mékong vu par la NASA
Le sud est en haut de l’image
Sur notre parcours, l’eau est omniprésente. La route, quand elle ne longe pas des canaux, passe au-dessus d’une multitude de rivières à l’aide de ponts. Souvent, les transbordeurs permettent aux véhicules de passer d’une  rive à l’autre, mais déjà, au loin, un pont gigantesque est en construction, signe du développement des échanges dans cette partie du pays.
Les Vietnamiens du delta vivent sur le fleuve, dans  des maisons perchées sur de hauts pilotis (3 à 4 mètres de hauteur), afin d’échapper aux inondations de la saison des pluies. Un peu plus loin, dans un bras plus calme de la rivière, ce sont des fermes marines qui occupent l’espace : les poissons sont élevés dans des filets installés sous la maison flottante, les restes des cuisines y sont déversés pour les nourrir...