L’Amérique latine, c’est essentiellement 3 types de paysages: la côte - pacifique en Equateur ou Atlantique au Brésil, la cordillère des Andes - “la sierra” et surtout, la forêt amazonienne - “la selva”- qui couvre une immense partie du contient. A ce découpage géographique, correspond également un découpage sociologique et ethnologique qui passe outre les frontières des états. Les populations de ces 3 zones sont très différentes les unes des autres, ne serait-ce que par leur apparence.
La forêt couvre une immense partie du continent. A Baños, en Equateur, nous sommes encore dans les Andes, mais déjà aux portes de l’Amazonie.
L’Amazonie : nous l’abordons avec quelques clichés en tête, dont les images de ce film de Werner Herzog “Aguirre, la colère de Dieu”. L’histoire est celle des conquistadores qui traversent les montagnes et s’enfoncent dans l’Amazonie à la recherche de l’Eldorado. L’aventure tourne mal, la forêt est trop dense, les rivières trop capricieuses et les Indiens pas très accueillants. C’est donc avec ces images en tête que nous allons passer trois jours en forêt...
La forêt est dense, inextricable en dehors des chemins qu’il faut éclaircir à coup de machette. Certains arbres de cette réserve “hola vida” ont quelques centaines d’années (nous avons la chance de parcourir une forêt primaire). Nous vérifions sur le terrain ce que nous avons toujours entendu sur la forêt amazonienne. Elle fournit, à travers ses arbres et ses plantes, les ingrédients de base de notre médecine occidentale: le curare, par exemple, un puissant paralysant dont les indiens imbibent leurs flèches pour endormir les animaux, est un concentré de décoction des feuilles d’un arbuste. On trouve aussi en forêt l’arbre qui donne la quinine, un traitement de base contre la malaria.
Chaque plante a son utilité : l’une fait faire de beaux rêves (plante hallucinogène), l’autre se couvre d’un gel après-shampooing contre la chute des cheveux, une autre produit un antiseptique puissant. La dernière, plus étonnante, est cette plante qui sent le clou de girofle, nous rappelant les odeurs du dentiste, que les indigènes mâchent lorsqu’ils ont mal aux dents. Logique!
Le temps est conforme à ce que l’on peut attendre d’une forêt tropicale : il pleut souvent, beaucoup, longtemps... Nous marchons dans la boue et dans la rivière avec de l’eau jusqu’aux épaules... Quelques familles très nombreuses vivent dans cette réserve. La cellule familiale peut atteindre de 15 à 60 personnes. Le guide nous fournit sa propre explication de cette abondante progéniture : ici pas de télévision et la nuit tombe très tôt... A voir !
La ville à l’entrée de la forêt s’appelle Puyo ou “brouillard” en quichua, la langue locale. Traverser Puyo nous donne l’occasion d’apercevoir bon nombre de militaires. Car l’Amazonie équatorienne, bien que déjà assez réduite, est aussi un territoire convoité par de nombreux pays frontaliers. Par elle, transitent le pétrole que l’on y extrait, les drogues qui viennent de Colombie et les clandestins qui se réfugient en Equateur.
De retour en ville, un bon traitement contre le rhume s’impose, sans plantes ni breuvages mais avec quelques sachets apportés de France ...
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