La scène se passe dans un restaurant de Chiang Mai, au nord de la Thaïlande. Fréquenté essentiellement par les expatriés et les touristes occidentaux, l’établissement propose une cuisine dite “fusion”, un mot un peu pompeux pour décrire le mélange cuisine orientale et occidentale. Nous sommes quatre à table et commandons du vin. La serveuse – qui a nécessairement été formée au service « à l’occidentale » - apporte la bouteille commandée, fait goûter l’un de nous qui approuve d’un hochement de tête convenu. Jusqu’ici, tout va bien. Le rituel se poursuit et la serveuse sert chacun d’entre nous. Elle remplit alors nos verres à ras bord, s’empresse de finir la bouteille en la secouant à la verticale au-dessus de l’un de nos verres pour faire tomber la dernière goutte, et se tournant vers nous avec un grand sourire : « One more* ? ».
La cuisine descend dans la rue
En Asie, on mange des plats de légumes et de viandes découpés finement, cuits rapidement, accompagnés d’herbes fraîches et d’épices. C’est souvent délicieux, mais il faut parfois s’armer de patience, les plats mettent du temps à arriver, et peuvent être servis à 20 minutes d’intervalles. Lorsque l’un finit son plat, l’autre attend toujours le sien… question de culture encore ! En Europe, on mange chacun son assiette, dégustant le plat que l’on a choisi sur la carte. En Asie, c’est différent: on commande plusieurs plats qui sont posés au centre de la table dans lesquels chacun piochera. Quelle importance alors que les plats soient servis en ordre dispersé, du moment qu’il y a quelque chose à manger sur la table ? En revanche, dans de nombreux restaurants, on veut montrer la qualité du service par la présence des serveurs autour de la table. Ainsi, à peine a-t-on fini son plat que le serveur se jette dessus pour le débarrasser, idem pour le verre ou le morceau de pain que l’on gardait pour saucer son plat….
Dans les villes au Vietnam, les trottoirs sont squattés par les tables basses autour desquelles les gens s’assoient sur de minuscules tabourets en plastique. On se joint volontiers à eux - forcement, surtout des hommes - et échangeons des sourires polis, faute de paroles... en trinquant à l’occasion autour d’une bonne Bia Hoi, une bière légère, à peine fermentée. En Thaïlande, les stands ambulants s’installent à la sortie des écoles et nourrissent les écoliers. On mange de tout dans la rue. Les brochettes grillées sur un seau rempli de charbon de bois sont souvent les meilleures.
Omnivores
*Je vous en mets une autre ?