J+172 ... 24 heures sur la route
 
Nous avons pris le parti de partager, via ce site web, nos plus beaux souvenirs, nos rencontres les plus étonnantes, ce qui nous a ému, touché, énervé... Mais une année en voyage, ce n’est pas 365 jours de vacances à s’émerveiller des beautés du monde. Un exemple que nous voulions partager avec vous, notre route depuis Xela (Quetzaltenango) au Guatemala jusqu’à Puerto Angel sur la côté Pacifique du Mexique, tout au plus quelques centaines de kilomètres sur la carte routière.
 
Jeudi 8h - Xela - Terminal de bus
Le nom même de “terminal de bus” est doublement trompeur. Tout d’abord, il ne s’agit que d’un quartier dédié dans la ville, et pas d’un bâtiment qui abriterait les bureaux de compagnies ou d’information. Les chauffeurs des bus hurlent la destinations de leur bus et tentent de le remplir le plus rapidement possible, quitte à tricher un peu sur la destination ou à affirmer avec aplomb que le bus est direct, quand on apprend par un autre chauffeur qu’il faudra en réalité changer 3 fois pour atteindre notre destination... Trompeur au deuxième titre, puisque lorsque l’on parle de “bus” au Guatemala, on fait allusion à ces cars scolaires en fin de vie, qui ont autrefois servi aux transports des petits américains. Repeints avec des couleurs vives et customisés par les chauffeurs, ils auraient presque l’air neufs, de loin. Au Guatemala, des familles entières s’entassent sur ces petites banquettes, et d’ailleurs il n’est pas grand chose qu’il soit interdit d’y transporter: des voyageurs, des migrants, des poules, des chiens, des armes ...
 
Jeudi 13h - Tecun Uman - Arrivée à la frontière
Le chauffeur de notre premier bus nous avait promis deux choses : la première, que son bus ne mettrait qu’une petite heure pour rejoindre la ville où nous devions changer de véhicule, et deuxième promesse, que le second véhicule serait un bus “Pullman”. Dans notre vocabulaire de voyageur, le bus Pullman est au transport collectif ce que la 1ère classe est à la seconde dans le train... Nous avons finalement mis 3 heures pour arriver à Réu. Là, n’avons pas attendu longtemps pour voir que sa définition du bus “Pullman” ne correspondait pas à nos idées préconçues... Le bus est complètement défoncé, le chauffeur s’arrête tous les 20 km pour remettre de l’huile, et des punaises sortent des canettes de coca vides oubliées sur les sièges... ambiance ! Arrivés à Tecun Uman, côté Guatemala, nous sommes littéralement embarqués de force dans un pousse-pousse censé nous emmener à la frontière “beaucoup trop loin pour y aller à pied”. Quelques 500 mètres plus loin, le pousse-pousse nous dépose à l’immigration et nous déleste de quelques billets.
 
Jeudi 14h - Traversée de la frontière
Nous commençons à avoir une petite expérience de la traversée de frontière terrestre, ce passage garde cependant toujours pour nous une petite promesse de dépaysement. La frontière est ici encore matérialisée par un très large fleuve enjambé par un pont que traversent une multitude de pousses-pousses. En contre bas du pont, des passeurs équipés de barques offrent un transfert plus discret vers le Mexique... Le garde-frontière mexicain n’a pas l’habitude de voir passer des voyageurs étrangers. Nous constituons donc visiblement l’attraction de son après-midi. Il commence par nous demander si nous n’aurions pas “par hasard” quelques billets français car il les collectionne... Nous nous demandons quelques instants s’il n’est pas en train de réclamer sa petite commission, mais  il enchaîne aussitôt en précisant qu’il a chez lui des disques de musique française, que Zidane est vraiment un grand joueur... Apparemment, il avait envie de parler alors que nous, nous avions surtout envie de nous concentrer pour remplir les formulaires d’immigration. Mais il faut toujours rester aimable avec les fonctionnaires de l’immigration, nous discutons donc bien volontiers de la France avec celui-ci.
 
Jeudi 14h30 - Transfert Ciudad Hidalgo / Tapachula
La prochaine ville mexicaine d’importance, Tapachula, est à une demi heure de mini-bus. Le véhicule part, roule deux kilomètres environ, puis s’arrête. Sur la route, un barrage bloque le passage. Quelques dizaines de sympathisants zapatistes veulent montrer leur soutien au mouvement de protestation initié dans la ville de Oaxaca. Nous déchargeons nos sacs, pour la dixième fois de la journée, négocions ferme le prix de cette course avortée, puis cherchons à pied un autre mini-bus. Ce dernier nous amènera finalement, et directement à Tapachula.
 
Jeudi 15h - Terminal de bus de Tapachula
Quel plaisir de retrouver le Mexique! Le terminal de bus de Tapachula est un émerveillement pour les yeux après celui que nous avons quitté le matin-même au Guatemala. On y trouve toute l’information nécessaire, des toilettes, des guichets pour acheter son billet. On peut même par exemple constater par nous même que le bus pour Puerto Angel, notre destination finale, ne part qu’à ... 22h45.
 
Jeudi 19h - Centre commercial de Tapachula
La ville ne présentant qu’un attrait touristique très limité, nous décidons de passer notre après-midi au cinéma. Après la séance, nous déambulons dans un grand centre commercial qui ressemble furieusement à ce que nous connaissons en Europe. La température moyenne est de 28° à l’extérieur, mais tout le monde ici prépare les fêtes de fin d’année, les chorales de l’Armée du Salut chantent les mêmes rengaines, en version espagnole.
 
Jeudi 22h45 - Terminal de bus de Tapachula
Le bus de nuit de la compagnie Cristobal Colon possède un luxe inouï: une ceinture de sécurité est disponible pour chacun des passagers !
 
Vendredi 2h du matin - Isthme de Tehuantepec
Pendant les voyages de nuit, on vous propose parfois, mais pas toujours, une petite “pause restauration”. Comme son nom l’indique, le bus s’arrête 30 minutes, les chauffeurs et les passagers peuvent ainsi dîner ou petit-déjeuner. Sauf que là, à 2 h du matin et après la journée que nous venions de passer, nous n’avions pas grand appétit ! Le bus s’arrêtera plusieurs fois au cours de la nuit, notamment pour les très nombreux contrôles de police. Nous sommes sur une route très empruntée par les trafiquants de drogue.
 
Vendredi 11h - Pochutla
Notre bus s’approche enfin de notre destination finale... ou presque. De Pochutla, il nous reste une dizaine de kilomètres à parcourir en taxi collectif.
 
Vendredi 13h - Puerto Angel
De la terrasse de l’hôtel que nous occupons, nous pouvons apercevoir l’océan Pacifique et les bateaux des pêcheurs. Il fait 30 degrés à l’extérieur et une légère brise nous rafraîchit pendant que nous somnolons dans les hamacs...
 
 
De Xela, Guatemala à Puerto Angel, Mexique
Bus version guatemaltèque