J+177 ... Oaxaca, la ville est tranquille
 
Drôle d’ambiance dans la ville de Oaxaca que nous abordons au petit matin après une énième nuit en bus. Le “Zocalo”, la place du centre ville, est envahie par l’armée et les forces de police fédérales. Elles ont littéralement pris position dans le centre ville, occupant le terrain  afin d’empêcher tout rassemblement devant le palais du gouverneur.
 
Mais autour de cette impressionnante démonstration de force, la vie de la place a repris son cours. Les cireurs de chaussures hèlent les passants, les terrasses des cafés sont pleines et les habitants de la ville vaquent à leurs occupations. Mis à part occuper le terrain, ces hommes n’ont pas grande occupation. On les voit donc traîner sur la place, téléphoner, draguer, discuter. Il n’y a plus une machine de libre dans les cafés internet de la place, squattés par ces soldats. Comme ils occupent les lieux nuit et jour, des tentes de fortune ont été dressées sur la place, à l’aide de bâches en plastique, sous lesquelles cette armée en déroute somnole à l’heure de la sieste.
 
Cette scène surréaliste pourrait prêter à sourire. Ce serait oublier les violents affrontements qui ont bouleversé la ville depuis plus de 6 mois. Le campement de fortune des militaires a remplacé celui des sympathisants de l’APPO - Association des Peuples de Oaxaca - la coordination des mouvements d’opposition au gouverneur Ulyses Ruiz. Ce mouvement citoyen s’était organisé au printemps, demandant la démission du gouverneur, l’accusant notamment d’avoir détourné les fonds de la région, l’une des plus pauvres du Mexique, afin de financer la campagne de son parti politique lors des dernières élections présidentielles.
 
Après une série d’affrontements dans les rues de Oaxaca en début d’été, la police a  délogé les manifestants, arrêtant au passage plusieurs militants du mouvement, dans la plus grande violence. Les ONG, telle que la FIDH, ainsi que l’Eglise catholique et le comité contre la torture de l’ONU parlent de violation des droits de l’homme au cours de ces opérations plus que musclées, indignes d’une démocratie telle que le Mexique.
 
Pour nos lecteurs qui maîtrisent la langue de Shakespeare et qui souhaitent en savoir plus sur le conflit engagé à Oaxaca, nous vous invitons à consulter l’article publié sur Wikipédia.
A lire aussi la discussion sur la neutralité des sources utilisées, un bon exemple de la construction d’un média “en ligne”.
 
Oaxaca, Mexique
 
Le Zocalo de Oaxaca est occupé par les militaires
 Casques et boucliers
 Salon de coiffure au milieu du campement
Cirage des bottes