Ce monastère dominicain est une véritable ville dans la ville, avec des maisons, des rues et des places. Il accueillait, à l’époque coloniale, les héritières des grandes familles espagnoles. Généralement, la seconde fille de la fratrie était destinée à rentrer dans les ordres. Jusqu’en 1870, où une décision du pape les obligeât à adopter la vie en communauté, les soeurs bénéficiaient de nombreux privilèges: elles habitaient de petites maisons avec chambres (les lits étaient placés dans des alcôves afin de les protéger des tremblements de terre), salle à manger, cuisine et dépendances pour les servantes (chaque religieuse pouvait avoir à son service jusqu’à quatre servantes, souvent des esclaves noires). Le monastère ne se visite que depuis une trentaine d’années, et abrite encore une poignée de religieuses. Ces dernières, qui ont fait voeu de silence, s’y promènent en dehors des heures de visite.