En quittant le Cambodge il y a une semaine, nous nous faisions la remarque qu’au long de ces dix mois de voyage, rien de vraiment désagréable ne nous était arrivé. Pas de vols, pas de maladies...
Et puis, dès notre arrivée à Bangkok, Anaïs est prise d’une forte fièvre qui ne la quitte pas malgré les antibiotiques. Une analyse sanguine confirme ce que nous craignions : elle a attrapé la dengue, une maladie qui sévit à l’échelle épidémique en Asie du Sud-Est et en Amérique latine. On nous avait mis en garde contre la dengue avant de partir : aucune vaccination n’existe, elle se transmet par les moustiques (de jour) et, contrairement au paludisme, aucun traitement spécifique n’est disponible à l’heure actuelle. Cette maladie requiert avant tout une surveillance étroite de quelques jours, donc une hospitalisation.
C’est ainsi que nous avons pu découvrir une autre spécialité de la Thaïlande: ses hôpitaux privés. L’assurance que nous avions souscrite avant notre départ nous a orienté vers l’hôpital Bumrungrad International, l’un des plus grands de la capitale.
La réputation de la médecine thaïlandaise s’étend à l’Asie et au-delà, et cet hôpital est l’un des pionniers du tourisme médical.
Le tourisme médical consiste à attirer des étrangers pour les soigner à des coûts très inférieurs à ceux de leur pays d’origine (ce qui n’est pas notre cas en tant que français, bien entendu !) : “une médecine de qualité internationale au prix d’un pays en voie de développement”.
Sur le million de patients que l’hôpital soigne chaque année, plus de 400 000 sont étrangers, le record mondial en la matière. Dans les couloirs et les ascenseurs, on se croirait dans une publicité pour Benetton. Les jeunes thaïlandaises à l’apparence soignée côtoient des femmes du Moyen-Orient portant la burka. Peu d’occidentaux ceci dit, sauf quelques américains venant pour des soins que leur système d’assurance ne leur permet pas de s’offrir chez eux.
Le Bumrungrad est géré comme un hôtel 5 étoiles et la direction marketing et développement (et oui !) soigne la qualité du service rendu. On attend tout d’abord d’un hôpital d’y être bien soigné. Les médecins exerçant ici sont pour la plupart diplômés des universités américaines ou européennes. Pas de pénurie de personnel ici, les infirmières et aides-soignantes, à la blouse immaculée, coiffées du petit chapeau blanc, sont légion. Elles accompagnent le patient d’un service à l’autre, le préviennent quand viendra son tour, qu’il est le second sur la liste ... et en plus c’est vrai !
L’hôpital dispose de plusieurs interprètes de langue française. Comme les autres membres du personnel non médical de l’hôpital, on les reconnaît à leur costume en soie vert d’eau coupé sur mesure. L’une d’entre elles est passée dans la chambre hier après-midi. Nous lui avons dit que nous avions besoin de plus d’informations et, au détour d’une phrase, que décidément le médecin passait bien tôt le matin pour faire la tournée de ses patients. Quelques heures après, nous avons eu la surprise de voir débarquer deux assistantes du médecin venues nous expliquer en détail le déroulement du séjour à l’hôpital et, coïncidence ou pas, le médecin est passé plus tard le lendemain matin !
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N’oublions pas l’essentiel : Anaïs va déjà mieux et nous devrions être sortis dans quelques jours. Par contre nous n’irons vraisemblablement pas en Inde et un retour anticipé en Europe se profile...