J+39 ... Le dur labeur
 
Au nord de Cuzco, s’étend la vallée sacrée des Incas, au fond de laquelle coule la rivière Urubamba. Partis pour une journée à vélo, nous y avons rencontré un Pérou rural et sauvage. Le temps semble ici s’être arrêté. Sous un ciel magnifique et devant des paysages grandioses, on sent que les conditions de vie et de travail demeurent très difficile pour les familles dont les activités restent très traditionnelles.
Vallée sacrée des Incas, Pérou
Au détour d’une montagne apparaissent les salines. Les habitants de la montagne exploitent une source d’eau fortement salée sur ces terrasses que l’on peut dater du 13ème siécle. Construites à même la montagne sur plus de 800 mètres, elles retiennent l’eau salée dans des bassins pour permettre son évaporation. Nous avions visité avant de partir de France les Salines d’Arc et Senans en Franche-Comté. Ici, la nature a fourni au même endroit la source salée et les moyens de son évaporation, ce versant de la montagne étant exposé au soleil une grande partie de la journée.
Le travail du sel se déroule en famille. C’est un travail difficile bien évidemment en raison du sel qui ronge tout, les vêtements, la peau, mais aussi parce qu’il faut remonter les sacs de sel, à dos d’homme et sur d’étroits chemins creusés entre les bassins. Chaque sac de 50 kg rapportera à la famille 10 soles,  (4 soles = 1 euro). Les paysans travaillent pieds nus dans les bassins, sous un soleil de plomb. L’entreprise qui se charge de la commercialisation achète le sel aux paysans et y ajoute l’iode dont il est dépourvu.
A l’entrée du village de Maras, les paysans travaillent le blé comme avant l’arrivée de la moisonneuse-batteuse. Une demi-douzaine d’ânes sont réquisitionnés pour piétiner la récolte. Ensuite, profitant des rafales de vent fréquentes, un homme sépare les grains de blé de la paille.
Les Incas sont aussi réputés pour leur capacité à exploiter les terrains les plus difficiles. Le site de Moray en est un exemple saisissant. Au milieu d’une cuvette haute de près de 50 mètres, les terrasses suivent très exactement les courbes de niveau. La vocation de cet ensemble n’est pas très claire : s’agit-il seulement d’une zone de cultures ? Des cérémonies religieuses avaient-elles lieu au centre des cercles ?
Les salines