Notre tout premier contact avec l’Argentine date déjà un peu : il y a un mois, nous quittions la Bolivie pour entrer dans le pays du tango. Dès la frontière, à La Quiaca, nous avons eu la sensation d’arriver dans une autre Amérique latine. La différence avec les pays andins du nord, l’Equateur, le Pérou, et la Bolivie, est saisissante. Ici, les visages sont quasiment identiques à ceux que l’on rencontre en Europe, près de 90% de la population argentine étant d’origine européenne. Dans les villes, on trouve tout ce qui nous n’avions pas ou peu vu depuis 3 mois, des centres commerciaux, des rues piétonnes, ... Alors, l’Argentine, c’est comme l’Europe, mais sur le continent sud-américain ?
Après un passage au Chili à Valparaiso puis à Santiago, nous voilà dans la capitale argentine, Buenos Aires. On dit parfois que son architecture et son organisation rappellent celles de Paris. C’est vrai pour certains quartiers, comme celui de la Recoleta. D’autres, comme le quartier portuaire de la Boca, avec ses maisons colorées et ses avenues au bord de l’eau,
ne ressemblent pas à notre capitale.
L’Argentine, c’est aussi le pays du che... et du Che.
Du che tout d’abord. Les argentins ont une prononciation de la langue espagnole originale, avec une lettre de plus à leur alphabet: le “che”. Nous nous sommes retrouvés fort dépourvus la première fois qu’un Argentin nous a demandé si nous parlions le “castechano” - le castillan, c’est à dire l’espagnol. Après 3 mois de voyage, et des accents relativement semblables en Equateur, Pérou et Bolivie, il faut s’adapter!
Le “Che”, c’est Ernesto Guevarra, né à Rosario à quelques centaines de kilomètres de Buenos Aires et ainsi surnommé parce que les Argentins ont coutume d’interpeller leurs semblables de cette façon. Nous conseillons à ce propos le très beau film “Carnets de Voyage”, inspiré du récit autobiographique de la première traversée du continent sud-américain par le jeune Ernesto et son ami, avant qu’il ne “devienne” le Che.
Quelques années plus tard, Ernesto repart en Bolivie et au Pérou, avec des visées politiques cette fois. Dans son journal, il note à chaque fin de chapitre “ici, nous avons le sentiment d’être incompris”. Se pourrait-il, par hasard, que sa prononciation d’Argentin y soit pour quelque chose ?
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* Sur la photo, de gauche à droite : Carlos Gardel, né en France et émigré en Argentine à l’âge de 3 ans est devenu le “père” du tango, Evita Peron la femme de l’ancien président et ... Diego Maradona du temps de sa splendeur.