Nous quittons aujourd’hui l’Equateur pour le Pérou... Bien sûr, nul ne peut prétendre comprendre ni même “saisir” l’esprit d’un pays en trois petites semaines mais ce premier pays de notre tour du monde nous aura tout de même laissé une forte impression...
Tout d’abord, beaucoup de contrastes, voire de paradoxes. Nous croisons dans les mêmes rues des écoliers et écolières en uniforme (cravate noire pour les garçons, jupe plissée pour les filles) - témoignant ainsi d’une réelle scolarisation - et de jeunes garçons, souvent indigènes (indiens) qui gagnent leur vie en cirant les chaussures dans les parcs, en vendant des chewing-gums ou des journaux.
L’Equatorien, si charmant et accueillant au quotidien semble avoir perdu toute trace de civilisation dès qu’il se retrouve derrière un volant (nous gardons un souvenir d’un trajet en taxi qui ressemble fort à un retour de week-end sur l’Autoroute du Sud en région parisienne, la largeur de la route en moins).
Contraste encore au niveau des moeurs et de la morale. La publicité et les séries télévisées mettent en avant, systématiquement et d’une manière fort démonstrative, des femmes à l’anatomie avantageuse. En revanche, les signes religieux sont omniprésents : on fait le signe de croix en passant devant l’une des nombreuses églises ou en montant dans le bus (sans doute aussi lié au mode de conduite qui prévaut dans le pays...), on voit beaucoup d’images du Christ et de la Vierge un peu partout..
L’Equateur est une terre d’émigration et d’immigration. Il existe ici de nombreuses universités publiques ou privées, mais l’on nous parle de docteurs ou de mathématiciens devenus chauffeurs de taxi faute d’emploi correspondant à leur formation... on imagine combien vont tenter leur chance ailleurs. Près de 345 000 équatoriens vivent en Espagne et 95% des immigrés résidants en Equateur sont des colombiens qui fuient la guerre civile.
Un pays qui semble aussi se chercher dans son rapport à la superpuissance américaine. L’Equateur a récemment adopté le dollar américain comme monnaie nationale mais semble, notamment à l’occasion du débat récent sur l’accord de libre échange - TLC- vouloir remettre en cause, timidement, la tutelle étasunienne. La communauté andine des nations (CAN) qui regroupe l’Equateur et ses principaux voisins se cantonne au domaine économique (circulation des biens). La Colombie et le Pérou ayant signé le TLC, l’unité ne semble plus de mise face au projet américain de super-zone de libre échange de l’Alaska à la Terre de Feu.
Pour des images un peu plus “touristiques”, nous vous invitons à visionner le premier épisode de notre journal de bord en vidéo, scindé en 4 parties pour vous permettre de les lire plus facilement en ligne.