Autre cas de figure : comment se faire ré-élire député d’une circonscription ? Puisque vous êtes déjà élu, impossible de se prévaloir du “changement” - d’ailleurs il n’y a qu’en France que l’on peut être à la fois le candidat de la rupture et appartenir à la majorité qui dirige le pays depuis quelques années ;-) Là encore, les candidats péruviens font preuve d’imagination. Plutôt que de promettre le changement, ils se félicitent du travail qu’ils ont effectué. Tel candidat local qui a fait construire un pont pendant sa mandature aura ainsi pour slogan “Merci pour le pont !”, histoire de rappeler aux électeurs, ces ingrats, ce que l’on fait pour eux ...
Et le débat de fond me direz-vous ? Alan Garcia (qui se fait appeler sur ses affiches Alan Perù, du nom du pays...) est le candidat de centre gauche, ancien président de la république de 1985 à 1990. Il n’a pas laissé un souvenir impérissable : l’inflation a explosé, le terrorisme (Sentier Lumineux) s’est renforcé...
Face à lui, Alan a trouvé au second tour un candidat nationaliste de gauche, Ollanta Humala, ancien militaire et frère de l’un des auteurs d’un coup d’état manqué l’an dernier... Humala a reçu le soutien du président vénézuélien Chavez et du bolivien Moralès. D’après les observateurs, Alan est le candidat du “ni oui, ni non”. Alors que Humala s’est ouvertement déclaré hostile à l’accord de libre échange avec les Etats-Unis (TLC, dont nous avons déjà parlé à maintes reprises), Alan n’a toujours pas fait savoir, alors qu’il prendra ses fonctions le 28 juillet prochain lors de la fête nationale, ce qu’il entend mener comme politique sur ce sujet...